Si vous êtes en France, que vous n'ermitez pas dans une cave et que vous vous intéressez un minium à l'actualité, vous n'avez à priori pas pu échapper au grand remue ménage autour de l'ouverture du capital de La Poste, et donc de sa privatisation partielle.
Et que ça manifeste, et que ça fait la grève, et que ça vitupère sur toutes les ondes disponibles, et que ça s'insurge haut et fort contre cette "atteinte inadmissible" au sacro-saint Service Public.
Qu'on ne se méprenne pas. Je suis tout sauf partisane de la privatisation à gogo. Après tout, il paraît que je suis une sale gauchiste. Mais comme le dit le titre de ce billet, pour qu'on parle de service public, encore faut-il qu'il y ait service.
Comment ça j'exagère ?
Probablement, je vous l'accorde mais non sans raisons.
Peut-être que j'en ai juste ras-le-bol de me taper des heures de queue dans mon bureau de poste pour aller réclamer à un guichetier aimable comme une porte de prison le recommandé qui ne s'est trouvé là que parce-que le facteur a trouvé beaucoup moins fatigant de glisser l'avis de passage dans ma boîte aux lettres plutôt que de prendre la peine de sonner à ma porte.
Peut-être que je suis un peu lasse des lettres qui n'arrivent jamais, des colis endommagés ou carrément ouverts et soulagés d'une partie de leur contenu, des Chronopost payés les yeux de la tête qui mettent une semaine pour arriver à destination, et je parle même pas des Colissimo.
Peut-être que je trouve un peu aberrant de trouver 2 à 3 fois par semaine dans ma boîte aux lettres du courrier qui ne m'est pas adressé. Bon, quand c'est celui de mes voisins, ça va encore, je refais le tri, mais quand le facteur s'obstine à me coller les lettres destinées à un des occupants de l'immeuble qui a déménagé depuis 3 mois, ça n'arrange pas ma confiance plus que limitée dans ce magnifique "service public". Il me semblait pourtant que la mention "n'habite plus à l'adresse indiquée" pouvait avoir une certaine utilité non ?

Bref, je ne sais absolument pas si une privatisation partielle ou totale de La Poste va arranger les choses.
Je sais juste que, franchement, ça peut pas être pire et que j'attends 2011 et l'ouverture totale du courrier à la concurrence comme le Messie.