Untitled
Par Flaoua le dimanche 18 mai 2008, 00:36 - Whatever - Lien permanent
Il y a ce moment où tu te dis que c'est pas possible tout ce soleil, c'est
insoutenable, c'est indécent bordel.
Et puis tu te secoues et tu te dis oui mais non quoi, c'est probablement ça
qu'il aurait voulu, pour ce que t'en sais, du beau temps et des sourires, pas
des trombes de flotte et des armadas de parapluies noirs nuit.
Et tu serres fort ton poto dans tes bras, tu fais comme tu peux pour lui donner
ta force, tu vois bien qu'il en a besoin, t'as juste peur de pas trop bien
faire comme il faut.
Tu lui répètes en boucle que tu l'aimes, tu y mets toute ton âme, tout ton
coeur, t'as l'impression de sonner comme un putain de magnétophone à force, et
pourtant c'est vrai, c'est tellement vrai, mais est-ce que ça suffit à lui
faire oublier qu'il enterre son frangin ? Non, forcément non, et oublier c'est
pas l'ordre du jour, ça le sera jamais, c'est juste que là tant que c'est à
vif, plaie béante, tu tentes de faire la béquille humaine, appuie toi sur moi
tant que tu veux, je te jure que j'ai les épaules larges comme Atlas, c'est pas
rien, lui il porte le Monde sur son dos, moi je peux bien te porter toi hein
copain.
Chaque sourire arraché est une autre petite victoire sur cette putain de
fatalité et tu cherches tes mots à toute vitesse, plus vite que jamais, et en
boucle tu penses que ça tu sais pas faire, qu'il vaudrait mieux l'écrire, oui
mais non, c'est là, c'est maintenant, il faut trouver de quoi renflouer les
brèches de cette digue qui cède peu à peu et qui s'y refuse, fort à en
trembler, craque pas, craque pas, je suis là moi, et ma main dans ta main, à
nous deux on est plus forts que la Terre entière, que le mal, que l'angoisse,
que la douleur, que la perte, je te jure, crois moi.
Crois moi.