Norbert Merjagnan est sans conteste le plus formidable maître de jeu que j'aie pu rencontrer au cours de ma vie de roliste.
C'est évidemment purement subjectif, d'abord parce que le ressenti d'une partie (ou d'une campagne) de jeu de rôle est avant tout totalement personnel mais aussi parce que le roliste a souvent tendance à faire la relation (même de manière inconsciente) "personnage intéressant à qui il arrive plein de trucs = maître de jeu talentueux".
Mais s'il est vrai que No m'a donné l'occasion de jouer quelques un des personnages les plus fouillés et complexes de ma "carrière" de joueuse, ce qui en fait réellement un MJ hors du commun c'est son talent de conteur et de créateur d'univers.
Des années durant il nous a fait vibrer au sein de Treis, un monde atypique, sauvage et fascinant, quelque part à l'improbable croisée des chemins entre Dune, Mad Max et CyberPunk.
D'un univers aussi riche il était inconcevable que rien d'autre ne naisse que nos confidentielles parties du samedi soir.

C'est donc avec un immense bonheur que j'ai lu Les Tours de Samarante. Et pas seulement parce que j'y ai retrouvé des lieux et des personnages avec lesquels j'avais passé tant de temps en pensée.
Tout simplement parce que son auteur a su retrouver à l'écrit toute la force de son talent de conteur oral.
Je vous invite donc à lire Les Tours.
A partir à la rencontre de Cinabre, Oshagan et Triple A.
A errer dans les rues de Samarante, des profondeurs glauques de l'Indus aux sommets inaltérables des Tours.
A parcourir l'Aliène, brûlante et désertique.
A découvrir l'Endocène, les préfigurés et les martrologes.

Et à vous retrouver, comme moi, assoiffé d'un deuxième tome qui va forcément venir.
Hein, No, qu'il va forcément venir ?