Fox-trot Lima Yankee India November Golf
Par Flaoua le samedi 9 septembre 2006, 23:50 - Whatever - Lien permanent
Faut que jvous dise.
Mon Kalou a eu son PPL*.
Comme je lui ai promis mille et un tourments sur les 42 générations à venir si
il emmenait voler qui que ce soit avant moi, il a tout spontanément décidé de
me faire faire un tour.
Alors voilà, cet après-midi, Kalou, Delta Victor et moi, on s'est fait une
virée à Dieppe.
Je le dis là, maintenant, comme ca, hyper détendue, genre "ouais, ouais,
évidemment oui, on a pris un avion, ouais, t'sais, un Aquila, hop, on est allés
à Dieppe, on s'est posés, on a bu un verre, papoté avec le gars de la tour de
contrôle, puis on est rentrés, et hop quoi."
En fait, aujourd'hui, 16h, sur le tarmac, elle en menait pas large, la
Flaoua.
"Pfouyaya, c'est quand même pas bien gros comme avion hein .... et euh ... ils
sont où les parachutes ?
- Hein quoi ? Y en a pas ?
- ...
- ...
- Ah d'accord.
- ...
- ...
- ... Mais alors si on tombe ?
- Quoi ? Ah d'accord. Si on tombe on est dans la merde.
- ...
- ..."
J'avoue, le premier décollage, j'avais le trouillomètre à zéro.
J'avoue, le premier trou d'air, j'ai cru que j'allais tout dégueuler partout
dans la verrière tellement j'étais stressée.
J'avoue, les 15 premières minutes, j'étais tellement occupée à maitriser ma
respiration que je regardais même pas le paysage.
Et puis ..
Et puis après, y a ce moment, là, où tu te dis "Ah tiens, je vole ... Je ? Vole
!! Bordel je vole !!!!!" Surtout qu'en fait à ce moment là, c'est toi qui le
pilote, le zingue, enfin pas vraiment hein, on fait juste semblant, y a le
Kalou à côté, vigilant même si il fait semblant de, prêt à rectifier la moindre
erreur, oui mais quand même, regarde, si j'appuie sur le manche là, paf, on
perd de l'altitude, et regarde là, je vire sur l'aile gauche bordel !!!
Indescotchable le sourire béat.
4500 pieds, la radio qui bourdonne dans les oreilles "Papa Charlie en finale
pour la 10 herbe" "Delta Victor transpondeur au 4330", les gens minuscules tout
en bas, les maisons, les routes, les champs, et le ciel, bordel, immense, avec
nous dedans, nous et les ptits zoizaux, sauf qu'on est carrément plus haut
qu'eux, et puis, pfiou, la mer !! Les voiliers tout blancs, le sillage bien net
dans l'eau et nous au dessus, encore, toujours.
C'est bien après notre dernier atterrissage, alors qu'on rangeait l'avion au
hangar, que je me suis rendue compte que j'avais oublié de retenir ma
respiration au moment de toucher le sol.
*: Private Pilot Licence