Dans quelques poignées de minutes, donc, on euthanasiera mon chat.
Pas Cisco, l'autre.
Le chat de mon adolescence.
Le compagnon de mes angoisses, de mes rébellions, de mes cauchemars.
Celui dont la fourrure a si souvent essuyé mes larmes, et dont le calme ronronnement a si souvent apaisé les battements de mon coeur.
Le fauve, le chat sauvage à la tête de lion et aux yeux pailletés d'or.

Je ne serai pas là pour la mise à mort.
A cette heure ci, je ferai des claquettes pour persuader Mme l'Inspectrice du Travail de valider mon licenciement.
Il n'y aura pas d'au revoir.
Il n'y aura pas de dernier mot chuchoté à son oreille, comme je l'ai tant fait par le passé.
Pas de dernière tentative pour le convaincre de m'avouer qu'il comprenait parfaitement le langage des humains.
Il n'y aura pas d'enterrement non plus.
Illégal, semblerait-il.

Il n'y aura que le souvenir des dernières caresses, hier. Du son de ses derniers ronronnements affaiblis.
Et puis, aussi, surtout, des 11 années passées.

So Long, Lars. And thanks for all the joy.