1h du mat.

Sur le périph, radio à fond.
Je crois bien que me voilà entrain de chanter à tue-tête du KT Tunstall. Faux, en plus.
Ca et les fenêtres hermétiquement fermées, j'arrive à peu près à couvrir le bruit des centaines de connards entrain de klaxonner autour de moi.
Bienvenue dans le monde de l'hystérie collective.
N'ayez pas peur, ca va bien se passer.
Comment, qu'est ce que vous dites ?
Ah oui, les mecs à 130 qui slalomment entre les voitures, warnings allumés, klaxon coincé et passagers assis sur les rebords des fenêtres ?
Non non, vous inquiétez pas, je suis aware. Ils finiront la nuit dans un autre pare-choc que le mien.
Oui, quoi encore ?
Ah oui, tiens, maintenant que vous me le faites remarquer, le périph est bouché dans l'autre sens. C'est juste que deux mecs se sont mis en travers et sont descendus de leur voiture en agitant des drapeaux bleu-blanc-rouge. Rien de grave, ils finiront bien par se faire casser la gueule par quelqu'un.
Hmmm ?
La voiture brulée retournée sur le toit au milieu du carrefour ?
Ben c'est comme ca que les gens expriment leur joie quoi, ca se voit pas ?
Leur joie de quoi ?
Ben si, vous savez, les 11 bleus habillés en blanc là, paf, ils se sont qualifiés pour la finale.
Quoi ? Le rapport avec le fait de bruler des voitures ou de rouler à tombeau ouvert sur le périph ?
Ben la joie jvous dis.
Heureux, les gens sont cons.

Le foot, c'est l'opium du peuple.
C'est Marx qui doit être content.
Pas autant que Villepin remarquez. Tant que tout le monde est shooté à la footitude (on remarquera le jeu de mot de grande qualité inséré ici), personne fait plus trop gaffe à lui. Ca va le tenir jusqu'aux congés payés, au moins. Clearstream, EADS, Chirac gateux, Sarko facho, hop, à la trappe.

ON EST EN FINAAALLLE, ON EST EN FINAAAALLLEEE, ON EST, ON EST, ON EST EN FINAAAALE !